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VIRGILE
Texte: Gilbert SALEN - Illustrations: Yves DAUTIER

 

 
Oh ! Mais faut pas confondre. C'étaient de rudes gaillards les moines de Silvacane, ces moines cisterciens. Il n'est qu'à voir leur Abbaye pour comprendre tout de suite que ceux qui ont dressé ces pierres, ça n'étaient pas des femmelettes.
Pas plus que ceux qui ont construit Sénanque ou le Thoronet, les trois cisterciennes.
Ceux de Silvacane avaient le titre de moines passeurs. Leur Abbaye aux bords de la Durance, se trouvait sur la grande route entre MARSEILLE, AIX et APT. Ils recevaient et accueillaient les voyageurs qui arrivaient à l'époque par petites troupes à pieds ou à cheval. Ils leur offraient le gîte et le couvert et lorsque le nombre de voyageurs était suffisant ils leur faisaient traverser la Durance à l'aide d'un bac sur le port de Gontard. Ils escortaient ensuite tout leur monde au travers de la combe de Lourmarin ; cet étroit défilé, véritable coupe gorge à l'époque, infesté de brigands détrousseurs de haut vol, bandits de grands chemins, toute une fine fleur de racaille, mais qui éprouvait néanmoins, le plus grand respect du monde pour les solides gourdins de ces moines musclés.
Ces moines passeurs étaient aussi des moines paysans. C'est une façon très digne de louer le Seigneur que de travailler la terre avec célérité.
Ils faisaient bien leurs affaires et possédaient quelques bons arpents, dans les terres de Durance et puis ailleurs aussi, qu'ils géraient avec compétence et autorité.
Ils eurent à ce sujet quelques différents avec les moines de Montmajour, la grande Abbaye arlésienne, qui avait quelques prétentions sur des titres de propriété ; il y eut entre eux, des entrevues un petit peu orageuses, avec même, paraît-il quelques échauffourées, où les moines de Montmajour se montrèrent intraitables. Ils ne voulaient rien savoir.
Alors ceux de Sylvacane n'hésitèrent pas à ce qu'on dit, mais on dit tant de choses, ils se laissèrent aller, pour défendre leur bon droit, à leur asséner quelques bons coups de gourdins sur la comprenette, histoire de les amener à plus de compréhension.
Seigneur Dieu, ayez donc des enfants. Ces histoires de famille!!!.
Aussi pour échapper à la vie et aux contingences terrestres, les moines de Silvacane avaient construit la petite chapelle de Sainte Anne de Goiron posée comme un nid d'aigle au sommet de la chaîne des Côtes.
De temps à autre, ils grimpaient tout là-haut pour y faire retraite, se rapprocher du Seigneur et y chanter sa gloire.
Et puis les temps passèrent, perdant au fil des siècles un peu de leur rigueur, un peu de leur rudesse. A leur image, les hommes devinrent plus douillets, indolents, ramollis. L'ordre des Cisterciens, qui se voulait austère, périclita bien sûr de cet état de choses. Il déclina, s'étiola et les moines disparurent et Silvacane un jour se trouva désertée.
La grande Abbaye sombra dans le silence, un silence de mort ; seulement troublé par les oiseaux dans la journée. Son cloître était hanté la nuit par les chouettes et les chauve-souris.
Et puis un jour l'Abbaye, ses dépendances et les terres attenantes furent louées en tant qu'exploitation agricole.
Dans le siècle dernier, c'est un nommé Virgile, berger de son état, qui loua Silvacane. Il s'y installa avec sa femme Rose, occupant l'Abbaye qu'ils transformèrent en ferme, avec grange, greniers, remises et écuries. Le cloitre et son Mystère furent classés basse-cour, et l'immense chapelle devint bergerie.
Les belles colonnades et les voûtes gothiques qui pendant tant de siècles, dignement, pieusement avaient vibré aux échos des cantiques et des chants liturgiques, s'éveillèrent un beau jour complètement envahies par les bêê bêê navrants des moutons de Virgile.
Gaillard sans complexe, Virgile pour sa part n'était pas mécontent. Il était même très fier de sa nouvelle ferme. Avouez qu'il y a de quoi !
Lorsque l'on est berger, qu'on s'appelle Virgile, et qu'on élève ses bêtes dans la plus belle jasse de toute la Provence, on a beau dire, beau faire, ca vous pose un bonhomme, ça force le respect. Sans parler du personnage lui-même, qui dans le cas de Virgile ne manquait pas d'intérêt. Ces bergers que l'on voit, sereins et bien paisibles dissimulent parfois une personnalité assez originale, un petit peu comme ceci...
Tant de longues journées, passées à méditer, les mains sur un bâton, ces longues nuits d'été consacrées toutes entières à parler aux étoiles, l'esprit s'en accomode et s'emplit à la longue de toutes sortes d'idées.
Virgile était de ceux-là, et il était conscient de cet état de choses. Ca ne lui déplaisait pas, tout en cardant ses bêtes, de se forger quelques idées. Et lorsque les gens du village s'en allant travailler, juchés sur leur charette, venaient à passer par là, ils saluaient très fort le sage en pèlerine, avec des mots plaisants, en faisant de grands gestes.
Il était bien conscient que son savoir, et surtout son savoir raconter, produisait un effet assez spectaculaire sur les gens du pays, et en particulier sur son plus proche voisin, Finet de la Bastidette.
Finet ? oh ! C'était le bon bougre, pas méchant pour deux sous, comme son surnom le laissait présager. Et sa femme, Marie-Louise, une maîtresse femme : économe, travailleuse, dynamique, increvable, âpre au gain et forte en gueule.
Les gens du coin la surnommait "Zou Zou". Obligée qu'elle était de donner constamment de l'élan au sang fla de son Finet de mari. Dix fois, cent fois par jour elle lui répétait.
"Allez zou zou Finet !"
Lui Finet son grand bonheur était de retrouver Virgile, de s'asseoir avec lui à l'ombre d'un amandier et de regarder les moutons qui broutaient.
Ah ! Pourquoi lui Finet n'était-il pas berger ? Depuis toujours ç'avait été son rêve. Il savait depuis toujours qu'il était fait pour ça. Il enviait Virgile. Il en avait de la chance d'avoir une vie comme ça ! Tout lui faisait envie chez son ami Virgile. Sa vie au calme, son savoir, ses moutons, son métier, l'Abbaye. C'est tout de même quelque chose une bâtisse comme ça. Même sa femme la Rose, qui lui faisait envie. Malgré que Rose ! La pauvre...
Il enviait la Rose parce que, contrairement à Zou Zou, Rose était une femme qui ne faisait pas grand-chose. Elle ne parlait jamais, elle ne riait jamais, ce qui, chez une femme est loin d'être un défaut. Bref, Rose était une femme tout à fait reposante et qui mettait beaucoup moins de temps à faire un tour que deux.
Alors Finet chaque fois qu'il le pouvait, venait trouver Virgile et ça le faisait rêver. Et puis Virgile parlait, et alors là c'était l'enchantement. Il goûtait son savoir, il buvait ses paroles comme du petit lait.
Virgile comme un ami, parlait à coeur ouvert de ses soucis, de ses préoccupations ; qui donc n'a pas les siennes ! ?.
" Tu sais, les cens du village ne voient pas tous d'un bon oeil que je loue l'Abbaye. Parce que c'est l'Abbaye et que je mets mes moutons dans la grande chapelle et que ces bons chrétiens ont tous des préjugés."
"Et le curé. Ah ! bon sang ! Le Curé. Un jour il est venu jusqu'ici. Ah ! sacré nom d'un chien, il m'a fait une scène ! Avec les bras aux ciel, il criait, il pleurait : "Mais c'est un scandale, une honte, mais c'est un sacrilège et Dieu vous punira".
Comme je lui ai dit : "Oh ! Oh ! Oh ! Je suis chez moi non tout de même. Et après tout vaut mieux voir des moutons dans une Abbaye, que des moines dans une bergerie !"
"Déjà que cette Abbaye, par elle-même, c'est une chose terrible, il faut bien être moi pour rester là-dedans."
Là Finet s'étonnait : "L'Abbaye, mais c'est grand, mais c'est beau, je comprends pas Virgile !"
"Bien sûr que tu ne comprends pas. Mais tu comprendrais vite si tu vivais là-dedans. Dis Finet, tu me connais et tu me crois je suppose. Tu sais que je suis pas homme à croire aux revenants. Mais là toutes ces belles pierres, toutes ces vieilles pierres, sculptées, ciselées, ajustées par les moines, qui pendant tant de siècles ont entendu chanter, ont entendu prier, sont tellement imbibées, sont tellement imprégnées par l'âme de ces moines, qu'elles ne se taisent jamais."
"Au début, avec Rose, on voulait s'en aller. Et puis on s'habitue, on s'habitue à tout. Surtout Rose, la sainte femme qui est tellement pieuse. Et si je te disais que même maintenant, les jours ou ils viennent pas, tu me croiras peut être pas, mais tu vois ça nous manque. Ils ont une si belle voix. Oh ! tu peux pas savoir, ils chantent comme des orgues. "
Finet restait sans voix. "Tu veux dire qu'ils chantent mais qui ça ?"
"Mais l'Abbé ! L'Abbé et le Prieur. Ils chantent tous les jours à l'heure de la messe et après l'Angélus, pour la prière du soir. Ils reviennent tous les deux. Y a que pour la Toussaint et puis le Jour des Morts, là ils reviennent tous chanter les oraisons, pour les vêpres des morts. Les vêpres et les complies."
"Oh ! C'est impressionnant. Mais c'est beau tout de même. Je t'assure, ce jour là si tu voyais les bêtes, toutes tournées vers l'abside, elles n'en perdent pas une. Et oui les bêtes. Ca paraît incroyable et pourtant c'est bien vrai."
"J'ai eu l'explication le jour ou j'ai trouvé sous un tas de vieux livres, le Grand Livre de l'Abbé. Et bien tu vois, ce livre je ne le donnerais pas pour cinq cents pièces d'or. C'est un livre épais comme ça, tout écrit à la main et en latin par-dessus le marché."
- Parce que toi, Virgile, tu sais lire le latin ! ?
"Oui bien sûr. Enfin un peu entre les lignes. Il m'a fallu un an, non pas pour le lire mais pour bien le comprendre. Mais maintenant je sais."
Finet en était sûr. Qui en aurait douté ?
"Ce livre m'a appris des choses essentielles. Parce que l'Abbé, vois-tu c'était un grand savant."
"Par exemple il affirme tout haut, dès la première page, qu'il est moins important de bien faire, que ne pas se tromper. Tu saisis la nuance ?.
Eh oui, bien sûr, naturellement, peut être !
Non ! non ! là Finet carrément plafonnait.
"Dans ce livre L'Abbé dit clairement que les moines viennent trois fois sur Terre."
- Oh ! Oh !
"Oui oui trois fois. Une fois moine une fois bête, une fois plante. Et ça explique bien des choses. Ils sont encore tous là."
- Où ca ?
Finét écarquillait des yeux comme des mappemondes.
"Autour de l'Abbaye. Sûr et certain. Tu vois les deux chênes, de chaque côté de la source, pour rien au monde je n'y mettrais la hache. Ni branche ni racine. C'est deux frères convers. C'est eux qui ont creusé la mine. Aussi tu peux le constater, l'été en période de grande sécheresse, ici dans les coteaux, tous les puits toutes les sources sèchent. Celle là, jamais."
- C'est vrai. C'est vrai ce que tu dis.
"Chaque année, dans le talus en-dessus l'Abbaye, les renards viennent nicher. Au début je les enfumais et puis je les piégeais. Ah ! malheur de malheur ! Maintenant que je sais... D'ailleurs c'est clair et simple, les poules, les canards les pintades, je laisse tout ça libre. B n'en manque pas un. Tiens demande à la Rose."
Et Rose confirmait en agitant la tête.
"J'ai remarqué aussi, depuis pas mal de temps, qu'un sanglier vient rôder la nuit, autour de l'Abbaye. Une bête si farouche, qui fuit l'homme à sept lieux, c'est quand même anormal ! Celui là il vient boire à la source, il mange quelques glands et il gratte à la porte de la chapelle. Oui, il s'y frotte le dos, comme ils le font parfois au tronc d'un amandier.
"Celui-là heureusement du livre, sinon !...Y a belle lurette que je l'aurais trucidé.
"Et dire que je sais même son nom. C'est le Frère Baltazar. C'est le Frère Prieur. Il venait de Beaucaire. C'était un homme rude, noir de peau, les poils droits sur la tête. Les Frères ici l'avaient surnommé "Le Sanglier du Gard". Je suis sûr que c'est lui.
"Oh ! Misère de moi. Dis, tu vois pas la Rose en train de le faire cuire. Après les gens s'étonnent lorsqu'il leur arrive toutes sortes de malheurs !."
"Un qu'il m'a fallu un temps fou pour qu'enfin je comprenne c'est ce brave Coco."
- Qui ça, Coco ton bélier ?
"Oui le marmoutoun, avec ces trois gros flots de laine et sa grosse sonnaille. C'est Frère Géronimo. Un Piémontais, le fils d'un berger Piémontais, parti un jour de chez lui comme ça, en suivant une étoile et devenu par la suite une sorte de savant, un grand théologien."
"Ici à l'Abbaye c'était le Frère sonneur. Ce qui m'a fait comprendre qu'il était mon bélier, c'est sa date de naissance. C'était dans le Zodiaque."
"Quand les gens me rencontrent dans la plaine avec mon escabot, ils disent que je garde. C'est pas vrai, je surveille ; c'est lui Coco qui garde. Il en sait mille fois plus que moi. Avec lui, j'ai jamais un problème. Pas une bête qui se gonfle. Et mes brebis agnèlent, régulières comme des montres, sans aucune exception. Un bélier de première."
En y réfléchissant, au fond, c'est bien normal. Cinquante ans d'abstinence, c'est long à rattraper."
Finet croyait rêver. S'il s'attendait à ça !
Pour être une belle histoire, c'était une belle histoire.
"Mais tu es sûr de ça ? Tu crois vraiment que les moines sont là ? "
Virgile était forrnel :
- Je te montrerai le livre. Il y en a sûrement d'autres qui sont par là autour et qu'il me faudra découvrir. Tu vois même les lapins qui viennent danser la nuit autour de l'Abbaye, il y aurait parmi eux quelques novices, que ça ne m'étonnerait pas.
Ah ! non, là c'était trop. Non, là c'était énorme. Finet ne marchait plus.
"Dis Virgile mais tu te fous de moi ! Les chênes, le sanglier, le bélier passe encore. Mais alors les lapins. Non là ça passe pas."
Et Finet en riant comme un fou, alla conter la chose.
"Dis Zou Zou, tu sais pas ce qu'il m'a dit Virgile. Il m'a dit que les moines étaient encore là-haut autour de l'Abbaye. Parce qu'il dit que les moines viennent trois fois sur Terre. Une fois moine, une fois bête, une fois plante. Et que ... "
- Et toi tu as cru ça ?
"Mais non je l'ai pas cru."
- Mais si que tu l'as cru. Tu es plus bête que lui. Il n'y a qu'à voir ta tête.
"Il m'a dit que les lapins..."
- Ecoute moi Finet, si un jour il te sort encore pareille baliverne, tu lui diras de ma part que lui et sa vieille chouette de Rose, c'est sûrement deux moines qui font leur second tour.
Finet conta l'histoire à travers tout le pays, et lorsqu'il arrivait au chapitre des lapins, il riait, il riait, mais il riait - pour se persuader.
Lorsqu'arriva juillet, Virgile avec la Rose, moissonnèrent leur blé, sur la terre en dos d'âne juste devant l'Abbaye. Une terre aigrelette, une méchante grisaille donnant un blé si fluide qu'il glissait sous la faux. Ils lièrent leurs gerbettes et en firent quelques tas entre les amandiers.
Un soir de pleine lune, dans ce mois de juillet, dans une de ces nuits claires mais brèves, si courtes que le soleil se couche tout habillé, Zou zou dit à Finet :
"Vas me tuer un lapin, ça m'évitera de donner quinze sous au boucher."
- Tuer un lapin ! Mais Zou Zou la chasse n'est pas ouverte.
"Et qu'est ce que ça peut faire ?"
- Mais si y a les gendarmes ? La chasse est pas ouverte.
"Les gendarmes à cette heure-ci ? Et tu penses qu'une fois la chasse ouverte les lapins sont meilleurs ?"
"Tout le monde sait ça. En juillet quand les blés sont coupés les lapins sont rablés. Allez zou zou, vas me tuer un lapin."
Elle lui mit dans les mains sa longue pétoire rouillée, une poire de poudre, la banane à plombs, puis le poussa dehors et referma la porte.
Virgile ce soir-là, avait eu la même idée. Il avait eu envie de manger un lapin. Pour ce faire il s'était posté en grimpant dans un chêne au côté de la source juste devant l'Abbaye.
Caché par le feuillage, il vit venir Finet. Un Finet pas du tout rassuré, se glissant à l'indienne, d'une allure féline comme s'il voulait surprendre la Mère sur les oeufs.
Après beaucoup d'hésitations, Finet vint se poster derrière un tas de gerbes à cent pas devant lui.
Les lapins qui avaient fui à son approche revenaient peu à peu, les uns après les autres Ils étaient dix, puis douze quinze à présent à gambader dans le chaume éclairé par la lune, à grignotter les épis oubliés par la faux. Un malheureux jeannot s'approcha, insouciant du gerbier ou se cachait Finet.
Doucement, lentement, Finet le mit en joue, le visa longuement et boum !
Finet avait bourré à la poudre de mine. Sa pétoire vomit une gerbe de flammes , une fumée opaque maintenant l'environnait comme si les gerbes brûlaient.
Lorsque Finet put voir, il aperçut le lapin qui gisait, les quatre pattes en l'air se débattant mollement, son joli ventre blanc éclairé par la lune.
Finet se précipita. Oh pétard qu'il est beau ! Zou Zou va être contente.
Mais au moment où il allait se baisser pour saisir son lapin, une voix énorme aérienne, irréelle qui tombait de là-haut, des toit de l'Abbaye, une voix formidable, toute vibrante d'indignation.
"Malheureux ! Qu'as tu fait ! Que damnée soit ton àme !."
"Le Cistercien ! ... C'est la voix de l'Abbé. Et ce lapin là, raide mort, ce devait être un Frère. C'est le Frère novice. Ah ! misère de moi !... "
Finet sentit ses jambes se dérober sous lui. Il courut titubant jusqu'à sa petite ferme. Il arriva chez lui cent fois plus mort que vif.
Zou Zou passa sa nuit à le réconforter. Après tout c'était bien de sa faute et c'est elle en fin de compte qui fut la plus punie. Non seulement elle passa nuit blanche et n'eut pas son lapin, mais de cette nuit là, elle eut un homme bègue.

FIN